Saturday, December 03, 2005

Disconnected

Vide, totalement. Vide. Nous avons peur, et c’est tout. Les corps sont inconsistants. Nous leur avons donné une vie, en pensant, nous nous sommes imaginés des tas de choses lourdes. Mais il ne reste rien de tout cela. Pourtant je crois en vous, mais c’est comme si je vivais dans un sentiment, et que ce sentiment était toute ma vie. Je n’ai jamais été à ce point abandonné… mais pourquoi est-ce que je ne sens pas d’appel de Dieu ? Et pourquoi je ne crois pas ceux qui vivent pour Dieu… je suis si loin de les comprendre. Pourtant nous vivons côte à côte, mais je ne distingue plus personne, parce que je ne reconnais plus personne. La manière dont j’ai connu les gens, c’est comme s’ils avaient disparu, comme si il n’y avait plus personne. Mais pourquoi est-ce que je ressens toujours une menace et que je suis incapable de ne rien faire ? Si seulement j’avais peur… mais ce n’est même pas cela. C’est même pire parce que je ne le sens pas s’emparer de moi, j’en ai seulement la vague intuition, et puisque cela n’a pas de nom, et puisque ce n’est peut-être rien, ça ne remplit pas ma vie. La marijane me met dans un drôle d’état. Je sens seulement que mon existence est tragique. C’est comme si ce sentiment vibrait dans l’air, et j’ai le goût de pleurer. Par ailleurs je n’ai plus le goût de rien… à quoi bon si je ne reconnais rien ? Je pourrais concevoir mon au-delà, comme Saint-Denys Garneau, « diviser à l’infini l’infime distance de la corde à l’arc, créer par ingéniosité un espace analogue à l’au-delà », mais je ne pourrais me concentrer plus d’une seconde et j’oublierais ma création. Quelle nauséeuse lâcheté… Qu’il serait bon d’être un adulte moral surnageant tout. J’ai perdu toute connexion, je ne sais même plus comment rêver, comment écouter de la musique, puisque ça fait trop « partie de la vie ». C’est une activité, du « quelconque ». Je sens que j’ai abandonné quelque chose, mais je ne sais quoi. Je ne peux plus m’émouvoir si je vis ici, maintenant, en tant que moi. C’est trop « ma vie », ça m’exaspère. J’ai d’extraordinaires contradictions : je veux tout mais ne veux rien de ce monde, je ne veux être personne mais quelqu’un d’extraordinaire (j’avais écrit « extropmadore »…, je déteste mais j’aime les gens… j’ai l’impression ne pas vivre, mais je ne désire rien de moins que de vivre merveilleusement. Je crois cependant que je suis autodestructeur, que je veux le pire, je veux mon malheur, je veux la détresse générale, simplement. J’imagine que c’est par là que se réalisera mon idéal esthétique. Je ne souhaite pas punir personne, mais faire émerger le sentiment tragique de l’existence.

10 comments:

Anonymous said...

Rêver, c'est la seule solution à la peur.

Audrey said...

Le rêve n'est qu'un moyen de fuir la réalité, non une solution...

EfigieRosa said...

wé!!! un débat sur mon blog!! et un débat de fond. Il faudrait d'abord s'entendre sur "rêver". Si vous êtes de ceux pour qui rêver, les drogues, les arts, sont des moyens de fuir la réalité, alors peut-être devriez-vous vous questionner sur ce qu'est la réalité... Des artistes heureux vont vous dire que leur vie est comme un rêve, et que c'est pour cette raison qu'ils n'ont pas à se payer le rêve comme exutoire. Alors la réalité ne fait qu'une avec le rêve, ce qui montre que la réalité n'est qu'un compromis que l'on s'imagine nécéssaire, mais c'est le change de ceux qui ne vivent pas une vie entièrement livrée à la poésie, au rêve.

Audrey said...
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Audrey said...

Les artistes font de leurs rêves une réalité, et c'est pourquoi alors le monde réel et utopique ne font qu'un... Je suis une idéaliste pure, et je fais partie de ces gens qui, à l'aide de leur imagination, se créent un monde pour rêver, parce qu'ils croient que c'est plus facile que d'affronter la triste réalité... mais alors, en ne m'accrochant qu'à des espoirs fanés, qu'à des rêves rabougris, je fais de mon existence quelque chose de faux, et je suis incapable de m'attacher à toute forme de réalité tangible..

EfigieRosa said...

...c'est un départ...

Anonymous said...

Les idéalistes sont toujours malheureux, puisque leur vie leur parait fade et monotone, en comparaison du monde qu'ils imaginent... ils se concentrent leur existence sur le monde utopique qu'ils créent, et non sur le monde réel, sur la société... Ils sont toujours déçus.. je crois qu'il faut savoir trouver un juste milieu entre l'idéaliste et le réaliste.

EfigieRosa said...

Vive le juste milieu! L'idée qui sauvera le monde et qui nous épargnera de la folie! Everything in its right place! Je remercie mon esprit de toutes les belles ressources qu'il m'offre pour faire de moi un être humain vivable. Au fond tout va bien.

Audrey said...

Mais qui es-tu, Efigie Rosa?

EfigieRosa said...

Je suis le fantôme de tout ce que Jésus avait de secret.